La rue de Londres à Paris, à proximité immédiate de la Gare Saint-Lazare et du carrefour de l’Europe, trouve ses origines dès le XVIIIe siècle avec le parc Tivoli, lieu de villégiature fréquenté par la bonne société parisienne. Après sa disparition, l’ensemble du quartier connait un grand bouleversement pour répondre à la croissance démographique et aux besoins en logements.

Cette rue des 8ème et 9ème arrondissements de Paris, longue de 510 mètres, débute au n°1 de la rue de Clichy et se termine place de l’Europe.

 

Histoire de la rue de Londres à Paris

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La rue de Londres –  longue de 510 mètres- se trouve dans les  VIII ème et IX ème arrondissement à Paris et plus précisément dans le quartier de l’Europe. Ce quartier est crée au début du XIX ème siècle par deux spéculateurs fonciers : le banquier suédois Jonas-Philip Hagerman, et Sylvain Mignon, serrurier du roi Charles X. Ces derniers mettent au point un plan en étoile centré sur la place de l’Europe, autour de laquelle ils dessinent un réseau de 24 rues portant principalement des noms de grandes villes européennes : Madrid, Vienne, Londres, Berlin (qui deviendra Liège, dès le mois d’août 1914!), Saint-Pétersbourg (qui changera de nom au gré des aléas de la grande Russie: Leningrad, Petrograd…) et puis Constantinople (car déjà la Turquie frappait à la porte de l’Europe…).

 

La rue de Londres est l’une des premières à être percée et où sont construits d’élégants hôtels particuliers, aux façades ornées de colonnades et de bas-reliefs. Des aristocrates et des personnalités de haute finance s’y installent.

 

 

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Albert Brichaut, Recueil de photographies sur les maisons closes parisiennes, 2 rue de Londres 1900

 

Au numéro 2 de la rue de Londres, se trouvait l‘ancienne maison close où Amélie Élie, une célèbre prostituée française, connue dans le milieu des Apaches du Paris de la Belle Époque sous le nom de Casque d’Or a terminé sa carrière.

Selon Émile Chautard (1864-1934, acteur et réalisateur américain d’origine française), elle était une vulgaire prostituée « puant de la gueule à quinze pas ». En 1952, son histoire inspire le film Casque d’or de Jacques Becker, qui rendra célèbre l’actrice Simone Signoret.

 

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En 2011, le siège de Google France s’installe au 8 rue de Londres dans l’hôtel de Vatry, après une restauration méticuleuse et une modernisation des espaces.

 

 

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Au n°16 de la rue de Londres se trouve également l’ancien bâtiment du Crédit de France, construit en 1881 par l’architecte Jean-Jacques Revel qui conçoit le bâtiment dans un style éclectique, mélangeant sur la façade colonnes ioniques, pilastres, frontons, et frises néo-Renaissance.

 

Heureux hasard, depuis 2021 la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Britannique a élu domicile au 22 rue de Londres. Cette organisation privée et apolitique a pour vocation d’accompagner les entreprises françaises et britanniques dans leur développement des deux côtés de la Manche grâce à son réseau d’affaires.

 

 

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Au 30 rue de Londres, on peut admirer l’étonnante façade Art Nouveau de l’ancien siège de la Société Française des Eaux Minérales de la ville thermale Vals-les-Bains. Elle est constituée de céramique émaillée bleue et verte rappelant les décorations de stations thermales ou de bains publics. Cette façade atypique a été décorée dans les années 20 par la manufacture Fourmaintraux-Delassus qui mit au point le procédé de « grès grand feu », résistant aux intempéries car non gélif et particulièrement adapté à l’ornementation des façades.

Cette façade est le seul exemple parisien des productions de Fourmaintraux-Delassus.

 

De la rue de Londres à la Cité de Londres

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La Cité de Londres est un passage qui relie la rue éponyme à la rue St Lazare. Elle a été formée en 1840 par un certain Tessier,  propriétaire du terrain sous le nom de « passage de Londres »

 

Les personnalités ayant vécu dans la rue de Londres

Frédéric Millet (1796-1859)

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Frédéric Millet – Autoportrait
Aquarelle et gomme arabique sur mine de plomb
Exécuté vers 1817

 

En 1855, le peintre Frédéric Millet et son épouse Eugénie Rioult vivent au 33 rue de Londres. Milet est l’auteur de nombreux portraits et miniatures.

 

Hector Berlioz ( 1803-1869)

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Portrait d’Hector Berlioz (1803-1869) par Pierre Petit (1832-1909), photo colorisée

 

Compositeur, chef d’orchestre, critique musical et écrivain, Hector Berlioz et sa première femme, l’actrice irlandaise Harriet Smithson et leur fils Louis, quittent le quartier de Montmartre et s’installent en 1834 au 34 rue de Londres.
En septembre 1836, la famille déménage au 35 rue de Londres avant de vivre au 31 rue de Londres jusqu’en 1844, date à laquelle le couple se sépare. De ces trois adresses, seul le n°34 existe encore de nos jours.

 

Gaston Serpette ( 1846- 1904)

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Portrait photographique de Serpette par Nadar

 

Gaston Serpette, compositeur et chef d’orchestre en vogue durant le Second Empire, habita au n°4 de la rue de Londres.

Il a composé des opéras-bouffes, opérettes parmi lesquelles : La Branche cassée, Le Manoir de Pic-Tordu, Le Château de Tire-Larigot, Adam et Eve, Les Demoiselles du Téléphone

 

 

Claude Debussy (1862-1918)

Debussy

Claude Debussy par Jacques-Émile Blanche. 1902
Huile sur toile

 

Par son écriture originale, Claude Debussy est l’un des pères de la musique moderne. Après un séjour écourté à Rome, à la villa Médicis, Debussy s’installe en 1887 avec sa maîtresse Gabrielle Dupont, appelée « la Dame aux yeux verts », dans un modeste appartement au 42 rue de Londres.

 

 

Alphonse Liébert (1827-1914)

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Officier de Marine et photographe, Alphonse Liébert installe son studio au 6 rue de Londres de 1864 à 1906. Il est connu pour ses nombreux clichés de personnalités, d’événements politiques et culturels mais aussi pour avoir été attaqué en justice par Alexandre Dumas père qui exigeait le retrait de la vente d’une photographie le montrant avec sa maîtresse.

 

Stanisław Julian Ignacy Ostroróg (1863-1929)

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Josephine Baker aux Folies Bergère

Stanisław Julian Ignacy Ostroróg dit aussi Lucien Waléry, Stanislas Waléry et Laryew est un photographe britannique d’origine polonaise.

En 1883 à Londres, il devient très célèbre suite au portrait de la reine Victoria dont il est l’auteur et devient le portraitiste attitré de la famille royale britannique, mais aussi de personnalités très en vue comme Louis Pasteur et Sarah Bernhardt.

Vers 1900, il ouvre un studio à Paris à son compte et dans les anciens locaux de son père, au 9 bis de la rue de Londres. il se concentre sur la photographie d’art et expérimente la figure du modèle, en de nouveaux cadrages, éclairages et mises en scène. Il obtient également un gros succès avec sa série de photographies de Joséphine Baker, publiée en 1926.

 

 

Shooting photo London Lover à la rue de Londres

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© Eric Pothier Photographies

Après un premier shooting photo dans le parc de Bagatelle, choisi pour son cadre bucolique rappelant les parcs londoniens et dont son histoire est liée à la Grande-Bretagne, je recherchai un autre lieu parisien faisant echo à la capitale britannique. A défaut de pouvoir voyager à Londres, il était capital de trouver une touche British au coeur de Paris !

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© Eric Pothier Photographies

Le hasard faisant bien les choses puisque la plaque de la rue de Londres près de la place de l’Europe est depuis le 1er mai 2021 décorée sur fond d’Union Jack : on pourrait y voir une entente cordiale !

Cette customisation éphémère est l’oeuvre de Jean-François Caillarec qui a redécoré certains mobiliers urbains publics parisiens et revisité quelques plaques de rue de la capitale. Vous pouvez découvrir ses créations via son compte instagram :  @haveaseat_paris

 

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© Eric Pothier Photographies

 

Où se trouve la rue de Londres à Paris ?

La rue de Londres commence au 1, rue de Clichy et se termine place de l’Europe.

 

Il y a t-il d’autres rues de Londres en France ?

Les villes de Calais, Le Touquet-Paris-Plage, Loos et Strasbourg possèdent également une rue au nom de la capitale britannique.

 

A propos d’Eric Pothier

Eric Pothier est photographe professionnel à Suresnes et exprime son art aussi bien dans le cadre de mariages, photos de famille, portraits, que dans l’univers corporate pour la mise en valeur d’un métier.

Vous avez un projet personnel ou professionnel, contactez Eric qui se fera un plaisir de vous conseiller.

Visitez son site internet pour découvrir ses photos et lui faire part de vos projets : https://321photo.fr

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About the Author: Emilie Perrot

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